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un grand merci a thomas caplain pour ce reportage

 

LRD


Les Ressorts Daniel


Tradition, travail manuel et qualité pour cette petite entreprise qui existe depuis trois générations pour le plus grand bonheur des motards que nous sommes !



Tournicoti, tournicoton, racontait Zébulon, perché sur son ressort fou ! Il faut dire qu’il connaissait bien la chanson ce petit moustachu. A se demander s’il n’a pas soufflé à l’oreille du grand-père d’Olivier (actuel boss de LRD et troisième du nom), le goût pour la fabrication de ces drôles de fils de fer torsadés.

C’est souvent le même problème pour nous autres, apprentis constructeurs de cafras, lorsque nous abordons les suspensions de nos machines. Ressorts d’origine ? Ressorts progressifs adaptables, souvent de moyenne qualité, ou ressorts de grands manufacturiers pour les plus aisés. La donne n’est pas toujours facile et dépasse souvent de loin nos compétences et notre porte-monnaie. Et pourtant, avoir un moteur péchu, des cornets qui tisent l’air comme un alcoolique vide les réserves des bars les plus achalandés et des pneus qui collent la moto au sol….si les suspensions ne suivent pas, c’est peine perdue.

« A l’origine, les motos japonaises sont pensées pour des gabarits d’1m70 et 70 kg maximum. Elles sont peu adaptées aux normes européennes… »

Cachés en banlieue parisienne, après un lourd déménagement des anciens locaux parisiens, Olivier et son père, aujourd’hui à la retraite, continuent de perpétuer le travail du grand-père dans la fabrication de ressorts. Pas seulement pour la moto d’ailleurs, loin s’en faut. Il aura même fallu attendre que le petit dernier se chope le virus de la course moto pour que LRD se penche enfin sur nos danseuses.

« J’ai découvert la moto en 1994. Une révélation. Dès 2000, le virus de la piste m’a pris. J’ai acheté un 600 CBR et très vite je me suis tourné vers Ohlins. Quand j’ai vu les prix et à force de discuter avec les pistards que je rencontrais, je me suis rapidement dit que je pouvais en fabriquer.» raconte Olivier. « Un jour, sur le circuit de Magny Cours, j’avais aidé un ami à régler ses suspensions. Mais de fil en aiguille, ce ne sont pas loin de 90 motos que j’ai préparées ce jour-là. Du délire, j’y ai passé la journée ! »


La demande est claire et la détermination d’Olivier aussi. « Fabriquer des ressorts, je connais; je travaillais déjà dans la société familiale pendant mes vacances scolaires ! Lorsque mon père s’est rapproché de la retraite, j’ai pris les rênes de l’entreprise. C’est toujours un régal de voir mes clients motards repartir le sourire aux lèvres. C’est fou comme un ressort de fourche adapté à la moto change radicalement les sensations ressenties au guidon. Le jour et la nuit ! »


Il faut dire que le travail reste entièrement manuel. Pas de grosses machines industrielles, mais des outils qui datent encore du grand-père, ce qui est gage d’une incroyable qualité. Olivier, à demi-mot, avoue même recevoir des commandes de l’un des plus grands producteurs mondiaux de suspensions. « Quand ils ne peuvent assurer une commande spéciale par exemple, c’est moi qui suis en charge de la réaliser ! », continue-t-il fièrement. « Pendant longtemps, la plupart des motos de CB Cup avaient adopté mes ressorts. »

Les ressorts dits progressifs vendus dans le commerce ne valent souvent pas grand-chose ! »

En spécialiste de la question, Olivier à donc depuis longtemps exploré les moindres recoins de l’art du ressort dédié à la moto. « Les progressifs que l’on trouve dans le commerce sont une vaste foutaise ! » s’exclame-t-il. « Pour faire un vrai progressif, il faudrait que chaque spire ait un écartement différent, ce qui n’est jamais le cas. Ce serait un travail de fou à réaliser et puis tellement onéreux... Ceux que je propose sont réalisés à la main et dépendent de pas mal de paramètres. Le poids de la moto, celui du pilote et sa façon de conduire vont me permettre de faire du vrai sur mesure pour des tarifs identiques aux autres ! À tel point que je me suis rendu compte que certains concurrents avaient du baisser leur

« C’est à se demander si les constructeurs de motos ne font pas exprès de mettre d’aussi mauvaises suspensions d’origine. On roule moins sûrement, donc moins vite ! »

 

« Nous sommes les derniers à travailler manuellement et à accepter de faire des protos, des commandes uniques pour un tarif identique. Ces petites commandes me font marrer ! », continue Olivier. « Un ressort reste un ressort. Le plus difficile est de trouver la bonne élasticité du métal. »


Il ne vous reste plus qu’à courir à la rencontre d’Olivier et de son équipe. Soit passer les voir directement, soit leur expédier vos fourches ou tout simplement pour les plus doués, leur envoyer les informations nécessaires à la fabrication de vos ressorts.


Foi de motard, une moto bien suspendue et bien réglée, c’est le pied !

Les Ressorts Daniel

L.R.D.

16 rue de Grenoble

Zac du Parc d’Alfortville Sud

94140 AlfortVille

01 56 29 35 91

olivier@lrd.fr